Cherche médecin "noir" "féministe" ou "gay", les "woke" s'attaquent à la médecine


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Chercher un psy noir, une infirmière noire, une soignante féministe, un médecin homosexuel, un diététicien transsexuel, un chirurgien musulman... Voilà autant de recherches qui sont aujourd'hui possibles.


Le Figaro recense une série de portails ou de listes, comme "jechercheunpsynoir.com", "Médecin gay friendly", qui permettent aux futurs patients de choisir leur praticien en fonction de leur appartenance à telle ou telle communauté.


Ces annuaires communautaristes dans le domaine médical, choquaient il y a un an encore l'ordre des médecins et l'ordre des infirmiers, M. le ministre Olivier Véran ou la LICRA. Ils se sont depuis généralisés.


L'objectif est de proposer des « safe space » (des espaces sûrs, également appelés "espaces positifs") où on ne se sentirait pas oppressé, marginalisé ou discriminé. Oppressé par qui ? Par quoi ? Par le simple fait d'être confronté au regard de l'"autre", forcément suspect de s'être construit sur la base de préjugés.


Pour s'assurer de ne pas subir ce qui pourrait être perçu comme une micro-agression (une remarque, un regard...), ces annuaires militent pour une médecine communautarisée.


« La société change et il y a une nécessité de se former à de nouvelles problématiques. Mais ces listes sont dangereuses car elles remettent en cause l'universalisme qui est un des piliers de notre métier » concède Jean-Marcel Mourgue, vice-président du Conseil national de l'Ordre des médecins. Patrick Chamboredon, président de l'Ordre national des infirmiers est lui inquiet que ces pratiques puissent favoriser l'essor des médecines parallèles et induire l'idée qu'un médecin d'une autre communauté serait moins à même de soigner.


À ce titre, rappelons que l'article 7 du code de déontologie impose à un médecin de « soigner avec la même conscience toutes les personnes quels que soient leur origine, leurs mœurs, et leur situation de famille, leur appartenance ou leur non-appartenance à une ethnie, une nation ou une religion déterminée, leur handicap ou leur état de santé. ».


Au-delà, des questions de "races" et de "genre", Le Figaro révèle que l'association "Gras politique" propose deux listes de praticiens ; ceux « safe » et ceux « unsafe ».

Pour les "safe", il s'agirait de ceux qui « auraient des comportements éthiques et ne seraient pas grossophobes ». Appliqué à la médecine, il faut entendre des médecins pour qui « la question du poids reste à la porte ». Tout de même assez inquiétant dans un contexte médical. Le surpoids pouvant être une cause de complication dans de nombreuses pathologies.


L'existence de ces cabinets d'un nouveau genre amène également à d'autres questions, notamment quant au recrutement de ces personnels. En effet, l'article L1132-1 du code du travail dispose qu' « aucune personne ne peut être écartée d'une procédure de recrutement ou de nomination ou de l'accès à un stage ou à une période de formation en entreprise, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, [...] en raison de son origine, de son sexe, de ses mœurs, de son orientation sexuelle, de son identité de genre, de son âge, de sa situation de famille ou de sa grossesse, de ses caractéristiques génétiques, de la particulière vulnérabilité résultant de sa situation économique, apparente ou connue de son auteur, de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une prétendue race, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales ou mutualistes, de son exercice d'un mandat électif, de ses convictions religieuses, de son apparence physique, de son nom de famille, de son lieu de résidence ou de sa domiciliation bancaire, ou en raison de son état de santé, de sa perte d'autonomie ou de son handicap, de sa capacité à s'exprimer dans une langue autre que le français. »


Mais peut être que le droit du travail français est trop oppressant et « unsafe ».

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