Les nouveaux ouvrages scolaires : entre démarche woke et enseignement partisan


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Créer des ouvrages scolaires collaboratifs ? Ce fut, dès 2009, l'idée de Raphaël Taieb avec le lancement de sa start-up Lelivrescolaire.fr, comme le rapporte l'Express.

À l'époque, ce projet était « avant-gardiste » tant dans le fait de proposer à des enseignants de créer leur propre contenu que dans l'idée de manuels numériques. Aujourd'hui, les ouvrages scolaires numériques représentent 30% du marché !

Lelivrescolaire.fr représente quant à lui 1/5 des ventes dans les disciplines qu'il couvre. Une version papier, distribuée dans près de 5000 établissements est désormais disponible.


En quoi cela est-il gênant ?


Ce qui pose question, ce sont précisément les contenus desdits ouvrages. En effet, du propre aveu de certains des rédacteurs, comme Emilie Blanchard, professeur agrégé de géographie, il lui arrive de « "parfois" apporter une coloration à certaines activités ou matières » notamment à propos de sujets comme le sexisme, le racisme, l’homophobie ou la transphobie, thématiques particulièrement présentes dans ce type d’ouvrages.

Elle s’en félicite puisqu’elle déclare « s’autoriser à pousser assez fortement ces sujets en tant que nouvel acteur là où les maisons d’édition traditionnelles se montrent sans doute plus frileuses » comme le rapporte l’Express. Soyons rassurés, elle assure « respecter totalement les programmes ». Certains enseignants sont inquiets de la tournure militante de la rédaction de ces questions. Valérie Soria, professeur de philosophie et membre de l'association Vigilance Collèges Lycées, s'insurge contre cette façon d'enseigner, rappelant que « l’école ne doit pas être la caisse de résonance des polémiques universitaires ambiantes ». D'autres membres de l'association ont évidemment la même position qu'elle, et sont contre cet enseignement partisan, rappelant que « l'enseignement doit veiller à préserver une neutralité politique ».


Sur l'écriture inclusive aussi - dans un manuel de seconde - tout est fait pour que le point de vue des élèves soit en faveur de son utilisation, bien que Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, ait interdit son utilisation en début d'année.


Tous les thèmes Woke étant traités, la question de l'identité et l'orientation sexuelle sont évidemment abordées.

Pour les élèves de seconde là encore, le sujet est traité à l'aide d'une BD intitulée « Assignée garçon », dont la protagoniste est une jeune fille transgenre. Quel « pronom » utiliser pour mentionner cette personne ?

L'échange y est insensé comme le rapporte l'Express : « Mylène », utiliserait le pronom "elle" quand d'autres utiliseraient "ils" ou "ille". Elle est alors catégorisée par l'un de ses camarades comme « privilégiée de pouvoir ne pas répondre à la questions des pronoms » ce qui serait «blessant pour les autres ». Mylène se désavoue alors elle-même disant « pff, ce que c'est ennuyant d'être cis* ».


Ce qui, par bon sens, choque certains professeurs du fait de ce militantisme et de l'indistinction entre notions scientifiques et notions sociales et psychologiques (personnelles à chacun) n'est pas un problème pour Emilie Blanchard. Selon elle, bien que ce point de vue soit compréhensible, « libre à chacun de s'emparer ou non [des outils] selon le principe de la liberté pédagogique ».


De son côté, le porte-parole de l'association des professeurs d'histoire-géographie Bruno Modica, trouve normal de retrouver les thématiques des gender studies dans les manuels aujourd'hui puisque ces thématiques sont très en vogue en ce moment dans le milieu de la recherche (!) nous révèle l'Express.


Pourtant, à ce jour, aucun ministre ne s'est attaqué à ce problème, probablement au motif que « pff, ce que c'est ennuyant de paraître réactionnaire aux yeux de ces nouveaux censeurs progressistes».


 

*cisgenre : une personne dont l'identité correspond à son orientation sexuelle.



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